La commune de Kaladougou sort les troupes « Michi » et « Faïda » pour accueillir l’ONG I4Africa

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La première édition de la caravane culturelle initiée par l’ONG Instruments for Africa (I4Africa) dans le Banico a connu son épilogue le 27 décembre 2018 dans la commune de Kaladougou dans le cercle de Dioila. Deux grandes troupes traditionnelles ont eu l’honneur de clôturer cette initiative salutaire de I4Africa pour valoriser les cultures traditionnelles du Banico en général et de Kaladougou en particulier.

Prestation des troupes

Michi qui signifie en français Bœuf représenté ici est la première troupe a monté sur scène. C’est un spectacle traditionnel très ancien de « Fignana », l’un des villages de la commune de Kaladougou situé à l’ouest du cercle de Dioila. Le michi existe depuis la naissance du village de Fignana. Dans la pratique le michi est mis en scène comme suit : Un homme initié porte un masque noir en bois couvert par des tenus traditionnels. Dans ses mains, il tient deux petits bois peints en noir à la forme des avant pieds d’un bœuf. La troupe de michi est constituée de six personnes dont deux fluteurs, deux batteurs et deux chanteuses.

Une fois le masque porté, il est interdit à quiconque de passer devant les danseurs sauf si c’est dans les cérémonies spectaculaires. Une exigence de la tradition, nous explique un ancien du village. « Le michi doit être obligatoirement joué une fois dans l’année généralement après les récoltes pour magnifier le bon rendement des travaux champêtres ».  Il est joué un jeudi selon la tradition et effectué sur la place publique. Le chef de la troupe de chaque génération devient automatiquement le détenteur de michi. Pour Salif TOGOLA l’ancien chef de la troupe, « le michi, est passé de génération en génération. Nos anciens et nous même avions préservé cette tradition. C’est pourquoi nos jeunes feront la même chose », dit-il. Par ailleurs, le michi peut être délocalisé comme l’explique Salif, « même s’il est invité d’aller jouer ailleurs, le michi revient toujours à Fignana pour y passé la nuit. C’est la tradition qui l’exige », soutient-il.

Lors de cette même caravane dans la commune, il y avait les clowns traditionnels ou « Nanloma N’ton » en bambara. C’est une troupe nommée « Faïda » qui signifie les grandes dames. Cette troupe existe depuis des années. Elle a été créée dans l’intention de réunir, de renforcer l’intégrité entre les Hommes mais surtout de détendre l’atmosphère.  « Faïda » est traditionnellement très réputée dans la société banicoise parce qu’elle intervient dans tous les évènements qui touchent les hommes : mariage, divorce, conflit ethnique, baptêmes et bien d’autres. Actuellement, la troupe compte 54 membres (hommes et femmes). La particularité de « Faïda », c’est qu’elle n’a pas d’instruments de musique unique, elle joue avec n’importe quel instrument. Les pas de danse et les mises en scènes sont en général porteurs de messages.

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